Joseph Pellerin - Jean-François Séguier - 1760-4-25

From Fina Wiki


Joseph Pellerin, Paris

Joseph Pellerin - Jean-François Séguier - 1760-4-25
FINA IDUnique ID of the page  11237
InstitutionName of Institution. Nîmes, Bibliothèque Carré d'Art
InventoryInventory number. Ms. 150, f° 186-191
AuthorAuthor of the document. Joseph Pellerin
RecipientRecipient of the correspondence. Jean-François Séguier
Correspondence dateDate when the correspondence was written: day - month - year . April 25, 1760
PlacePlace of publication of the book, composition of the document or institution. Paris 48° 51' 24.12" N, 2° 21' 5.26" E
Associated personsNames of Persons who are mentioned in the annotation. Claude Gros de Boze, Erasmus Frölich, Anne-Claude de Caylus, Gian Domenico Tiepolo
LiteratureReference to literature. Tiepolo 1736 vol. 11, Tiepolo 1736 vol. 22, Frölich 17543
KeywordNumismatic Keywords  Greek , Ptolemies , Forgeries , Egypt , Cleopatra , Ptolemy Xii Auletes, Mamertini , South Italy , Connoisseurship , Collection Numbers , Roman Provincial , Archelaos , Amyntas , Galatia , Engraved Plates , Rariora , Draftsman , Salary , Book Production , Engraving Price , Athens , Acropolis , Pautalia , Thrace , Nysa , Paeonia
LanguageLanguage of the correspondence French
External LinkLink to external information, e.g. Wikpedia 
Map
Loading map...
You can move or zoom the map to explore other correspondence!
Grand documentOriginal passage from the "Grand document".

-Lettre du 25 avril 1760 (de Paris) : « On m’a enfin, Monsieur, [laissé] le loisir d’examiner les médailles que vous avez eu agréable de m’envoyer. Des 21 j’en retiendrai 9, et vous recevrez les 12 autres sur le contreseing de Mr Bouret. Le Ptolémée grand bronze est évidemment contrefait, comme vous l’avez jugé vous-même, l’autre petite de Ptolémée est sûrement du dernier roi d’Egypte, frère de Cléopatre. J’en ai plusieurs semblables. Ainsi ma suite restera encore sans médaille de Ptolémée Auletes. Je ne vous ai pas moins d’obligation de m’avoir offert les deux en question. Celle que vous avez cru de Philippe parce qu’il y a un Γ dans le champ, appartient à des peuples de la Grande Grèce appelez Mamertini qui passèrent ensuite à Messine, dont les habitants portèrent alors le même nom. Cette médaille est fruste. Il y reste cependant des vestiges de la légende ΜΑΜΕΡΤΙΝΩΝ. Quant aux autres, je vous avoue tout naturellement qu’elles ne m’ont pas paru assez bien conservées. Je garde pourtant celle où l’on voit les lettres ΙΟΥΛΙΟΣ… ΕΙΤΙΝΟΣ à cause du revers qui représente un cupidon. Elle pourra me servir à mieux déchiffrer peut-être quelques semblables qui pourront me tomber entre les mains. / [fol. 186v°] Toutes vos observations, Monsieur, sur plusieurs des médailles en question, sont très justes. Il n’y a que les louanges que vous donnez à mes notes, dont je suis bien flatté connaissant tout le prix de votre approbation, mais qui sont infiniment au dessus de leur mérite. Je me connais bien, et vous me permettrez de demeurer persuadé, comme je le suis, de leur médiocrité. En louant aussi toute la collection plus qu’elle ne vaut, car je sais bien ce qui y manque, vous m’apprenez cependant ce que je ne savais pas, c’est le nombre de pièces de chaque espèce dont elle est composée. Je vous confesse que je ne les avais jamais comptées, et vous me donnez par là l’envie de compter celles de mes autres suites. J’ai déjà fait cette opération pour celles de villes, et je me trouve plus riche en cette partie que je ne l’aurois pensé, le total étant de 4572 médailles, dont 51 en or, 1390 en argent, dont environ 500 médaillons et 300 didrachmes, et 3131 en bronze. Feu Mr de Boze, dont vous me parlez, croyoit avoir beaucoup fait d’avoir porté sa suite en ce genre jusqu’à environ 1500 médailles. Je suis persuadé que l’on pourrait en rassembler peut-être jusqu’à dix mille. Je pense comme vous sur le temps où les Grecs ont changé l’o en on. Vous verrez dans le pénultième ouvrage du P. Froelich, dont je vous ai envoyé le titre, qu’il rapporte des médailles sur lesquelles il a leu ΑΡΧΕΛΑΟΥ. Il faut croire qu’il ne s’est pas trompé, / [fol. 187] cependant je n’en ai jamais vu qu’avec la légende ΑΡΧΕΛΑΟ, ni aucune d’Amyntas roi de Macédoine qu’avec la légende ΑΜΥΝΤΑ. Toutes celles qui ont ΑΜΥΝΤΟΥ appartiennent à Amyntas roi des Galates, qui avait auparavant régné dans la Cibyratide, pays où ont aussi régné d’autres rois appellés Moagetes dont un a des médailles, comme vous le verrez quand je vous enverrai la description de celles des rois de l’Asie mineure. Votre zèle, Monsieur, pour le bien des lettres vous engage à me presser de faire graver mes médailles rares et inconnues. Il y a déjà quelque temps que des savants également zélés m’avaient exhorté vivement et même déterminé à faire cette dépense. J’en avais en conséquence fait dessiner environ 1500, et même pris la peine de guider les dessinateurs en leur donnant par écrit de ma main chaque légende telle qu’elle devait être figurée et espacée sur le dessin, et en leur expliquant les types de chacune, en quoi ils manquent presque tous d’intelligence. Mais deux puissants motifs m’ont empêché de continuer, et me font suspendre le reste de l’opération. Le premier est que je me trouve à l’étroit par le défaut de paiement d’une pension de 4000 lt. que j’ai sur le trésor royal, dont je n’ai rien reçu depuis trois ans. Le second est que malgré la disète que la guerre occasionne chez les artistes, ils demandent des prix exhorbitants pour la gravure des médailles. Ils ne veulent pas graver pour un écu ce qui ne se paye que vingt à trente sols en Italie et en Allemagne. J’entens parler des petites médailles, car pour les grandes et les / [fol. 187v°] médaillons chargés de beaucoup de figures, ils en exigent jusqu’à vingt et trente francs. Si après la paix je me trouve en état de reprendre cette entreprise, je le ferai volontiers. Pour le présent j’aime mieux employer en achat de nouvelles médailles ce que je puis épargner sur ma dépense. Mais en attendant je vous envoye ce qui me reste de dessins du peu de mes médailles qui ont été gravées. Je n’en ai point gardé de plusieurs autres qui sont dans les Mémoires de l’Académie des belles-lettres. C’est tout nouvellement que j’ai donné à Mr le comte de Caylus le dessin des deux médailles d’Athènes qui sont peut-être uniques. Aucun monument n’a représenté l’acropole tel qu’il est sur la première. On avait bien vu des Caryatides sur d’anciens bâtiments, mais point encore sur des médailles. Les Athéniens regardaient apparemment la destruction de Carie, et l’esclavage chez eux des matrones de cette ville, comme un événement bien glorieux pour eux puisqu’ils ont voulu en perpétuer la mémoire sur leurs monnaies. Vous recevez ces dessins avec les médailles qui vous seront adressées dans un paquet contresigné par Mr Bouret. J’ai l’honneur d’être avec mon respect et mon attachement ordinaires, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur Pellerin A Paris le 25e avril 1760. Mr de Caylus fait des recherches sur les quilles de terre cuite que vous lui avez offertes. Il les acceptera s’il trouve à pouvoir en faire usage. En attendant il m’a chargé de vous faire ses remerciments [fol. 191] P.S. En relisant votre dernière lettre, Monsieur, je vois que vous doutez que les anciens auteurs ayent parlé des villes de Nysa et de Pautalia de Poesine. Estienne de Byzance fait mention d’une ville du nom de Nysa située en Thrace. Il est à observer qu’une partie de l’ancienne Paeonie s’étendait dans la Thrace à l’orient du Strymon, et que cette partie fut ajoutée à la Macédoine sous Philippe père d’Alexandre le Grand, et n’était plus de la Thrace depuis plusieurs siècles du temps d’Etienne de Byzance, qui a suivi apparemment l’ancienne division pour les limites de ces différents pays. Eustathe sur le VIe livre de l’Iliade parle d’une montagne de Thrace nommée Nubba qu’Homère appelle Nubbiion consacrée à Bacchus. Il y avait dans le même canton une ville de Nysa qui a fait frapper la médaille dont je vous ai donné la description. Il est vrai qu’on n’en connoissait point encore où le nom de Paeonie fut marqué. Quant à l’autre médaille, la ville qui l’a fait frapper est appellée Pantalia par quelques auteurs, conformément à la légende <Procope, Ortelius> et Pautalia par les autres <Ptolémée>. Ce dernier nom se trouve sur toutes les médailles impériales qui y ont été frappées. Touts les écrivains qui en parlent la place dans la Thrace, mais comme je viens de l’observer, la partie de la Paeonie qui avait été pendant un temps de la Thrace, fut ajoutée à la Macédoine, et c’est sans doute dans cette contrée qu’étaient les villes de Nysa et de Pautalia. Dans le cabinet de Tiepolo, il y a une médaille de cette dernière ville semblable à la mienne, sur laquelle on a lu ΠΑΝΤΑΛΕΩΝΙΔΙΩ au lieu de ΠΑΝΤΑΛΟ ΕΝ ΠΑΙΩ. Dans ce moment, je reçois le billet ci-joint de Mr de Caylus » [gravures jointes à la lettre] (Nîmes, Bibliothèque municipale, Ms. 150, f° 186-191).

References

  1. ^  Tiepolo, Lorenzo (1736), Musei Theupoli antiqua numismata olim collecta a Joanne Dominico Theupolo Aucta, & edita a Laurentio Equite et D. Marci Procuratore et Federico Senatore fratribus Theupolis, Venetiis.
  2. ^  Tiepolo, Lorenzo (1736), Musei Theupoli antiqua numismata olim collecta a Joanne Dominico Theupolo Aucta, & edita a Laurentio Equite et D. Marci Procuratore et Federico Senatore fratribus Theupolis, Venetiis.
  3. ^  Frölich, Erasmus (1754), Ad numismata regum veterum anecdota aut rariora accessio nova conscripta, Vienna, Typis Ioannis Thomae Trattner, 117 p. and 3 pl. (