François Hemsterhuis - Adelheid Amalia von Schmettau - 1780-4-26

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François Hemsterhuis - Adelheid Amalia von Schmettau - 1780-4-26
FINA IDUnique ID of the page  8779
InstitutionName of Institution. The Hague, Koninklijke Bibliotheek
InventoryInventory number. 132 F 1
AuthorAuthor of the document. François Hemsterhuis
RecipientRecipient of the correspondence. Adelheid Amalia von Schmettau
Correspondence dateDate when the correspondence was written: day - month - year . April 26, 1780
PlacePlace of publication of the book, composition of the document or institution. The Hague 52° 4' 29.82" N, 4° 16' 10.85" E
Associated personsNames of Persons who are mentioned in the annotation. Alfonso Miliotti, Johann Joachim Winckelmann
LiteratureReference to literature. Winckelmann 17601, Sluis 2011b, lettre 3/36, p. 95-972
KeywordNumismatic Keywords  gems, prometheus
LanguageLanguage of the correspondence French
LinkLink to external information, e.g. Wikpedia https://www.rug.nl/library/heritage/hemsterhuis/brieven
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Grand documentOriginal passage from the "Grand document".

-Lettre du 26 avril 1780 (de Den Haag) : « La Haye, ce 26 d’avril 1780, Ma toute chère Diotime, je vous envoie aujourd’hui un petit balot. Outre ce que je vous ai marqué dans ma derniere, vous y trouverez encore des cure-dents que Mad. Vogt m’a donnés, et une boite cachettée qui contient cinquante ducats que vous aviez prêttés au Prince, et qu’il m’a remis. Madame Vogt m’a beaucoup parlé sur ces cures dents, mais j’ai tout oublié, d’où je conclu que ce n’etoit pas fort interessant. Il m’est arrivé une chose fort particuliere. Il y a quelque temps que j’avois imaginé une composition pour representer le chatiment de Promethée et dont je fus assez content. Depuis j’en voulois une pour un Promethée qui crée l’homme et lui donne l’intelligence. Je crois que j’ai fait plus de vingt compositions dans des moments de rebut qui me deplurent, puisque toutes ne representoient qu’un homme qui fait une statue, ce qui represente un sculpteur quelconque et non notre celèbre geant. Ce matin, outré de mon peu de succes, je jette mes brouillons dans le feu, et un moment apres, on m’annonce Mr. Millotti, que vous avez vu à Niethuis, qui venoit d’Italie et me montra des pierres. La premiere qui me tomba dans les mains fut Promethée dans une attitude que je ne l’ai jamais vu. Apres avoir fait la charpente de l’homme il lui communique l’intelligence et la vie en lui touchant la tête avec son doigt, et la petite squelette le remercie de son bienfait. Je n’ai pas besoin de vous dire qu’il n’y a qu’un artiste grec, qui puisse penser de la sorte. La pierre est très petite. Je vous en enverrois une empreinte, mais je ne le veux parce que l’empreinte est très mauvaise, la pierre etant extrêmement endommagée, mais lorsque vous la verrez (c’est un petit onyx) vous la trouverez pêtrie d’esprit. C’est un travail grèc de la plus haute antiquité et du même style que les deux héros en prime d’emeraude que vous avez explicquée. Si j’ai tantôt le temps j’en ferai une petite esquisse afin que vous jugez de l’esprit de la pierre. Millotti a trois ou quatre petites pierres curieuses pour les sujets, avec lesquelles il ne partira pas. Entre autres un Erichtonius combattant un Gryphon qui est du vrai beau, mais dont il est trop amoureux lui même. Je lui dois l’avantage d’avoir revu notre petite collection pour la premiere fois depuis Munster. Elle a de la reputation en Italie et votre serviteur aussi, car on y vend des pierres qu’on jure que j’ai approuvées, quoique je ne les aie vues de ma vie. Ce que je viens de dire du style de Promethée est faux. Il est d’un siècle plus târd et lorsque vous verrez la pierre qui est de la couleur d’Homere, vous verrez le dessein le plus noble et le plus exact que j’ai jamais vu dans un ouvrage grêc. Cela vous surprend, mais il faut sçavoir que la couleur de l’onyx y agit comme dans l’Homère, et que la pierre est plutôt modifiée par l’artiste pour plaire par elle meme, que par son empreinte. Si Winkelman ne parle pas dans son grand ouvrage que vous avez de cette composition de Promethée, je suis seur qu’elle est absolument inconnue jusques ici. L’Erichtonius est dans une cornaline de la vieille rôche, et c’est un sujet qu’on n’a pas vu encore sur les monuments qui nous restent. J’en suis si amoureux que je ne sçaurois vous le dire. Il y a encore une petite cornaline avec un petit Mitri à cheval marin, ouvrage grèc, une petite tête de Poppée en amethyste, très belle, un tigre en sardoine d’une grande verité et un vieux vigneron dans une cornaline très petite dont la tête est bien. Le reste des pierres de mon ami Millotti, qui vont à 500 ou 600 pour la plus part grandes et très bien montée, j’ai la generosité de les laisser aux connaissseurs de La Haye et d’Amsterdam. Je vous avoue, ma toute chère Diotime, que l’arrivée de Mr. Millotti m’a fait du bien en quelque façon. Depuis Munster je croyois mon ame eteinte pour les arts, je n’avois plus aucune sensation de ce côté, mais l’arrivée de Millotti m’a prouvé que ce n’etoit qu’une apparence et que les feux de jadis couvoient sous les cêndres. Au moins est il certain que j’ai donné d’aussi ardents baisers à Promethée et Erichthonius, que j’en ai jamais depensés pour Diomede, Thesée ou la Venus accroupie. Ma toute chère Diotime, je viens de recevoir la vôtre gracieuse à temps pour brider ma fureur dactyliographique. Ma Diotime, ne craignez plus le Pentateuque. Il est relegué à mon grenier d’où il ne descendra plus pour l’amour de moi. Si vous croiez que c’est ma faute que je ne sois pas actuellement à Munster ou en chemin, vous êtes dans l’erreur, car je vous jure qu’au premier moment que je le pourrai, je pars, sans prendre congé pas même de la Grande Comtesse. Si pourtant les bals et les spectacles de la kermesse fussent extrêmement brillantes, vous trouveriez bien raisonnable que cela me retint ». (Koninklijke Bibliotheek Den Haag, 132 F 1 ; Sluis 2011b, lettre 3/36, p. 95-97).

References

  1. ^  Winckelmann, Johann Joachim (1760), Description des pierres gravées du feu baron de Stosch, Florence.
  2. ^  Sluis, Jacob van (2011), François Hemsterhuis. Ma toute chère Diotime. Lettres à la princesse de Gallitzin, 1780-1782, Hemsterhusiana, volume 3, Berltsum - Van Sluis