Gisbert Cuper - Nicolas Thoynard - 1699-1-11

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Gisbert Cuper - Nicolas Thoynard - 1699-1-11
FINA IDUnique ID of the page  4297
InstitutionName of Institution. Uppsala, Universitetsbibliotek
InventoryInventory number.
AuthorAuthor of the document. Gisbert Cuper
RecipientRecipient of the correspondence. Nicolas Thoynard
Correspondence dateDate when the correspondence was written: day - month - year . January 11, 1699
PlacePlace of publication of the book, composition of the document or institution. Deventer 52° 14' 57.37" N, 6° 10' 34.07" E
Associated personsNames of Persons who are mentioned in the annotation. Jean Foy-Vaillant, Jean Hardouin, Eusèbe Renaudot, Johann Georg Graevius, Jean-Baptiste Du Bos
LiteratureReference to literature. Foy-Vaillant 16981
KeywordNumismatic Keywords  postage, roman, tiberius, greek, macedonia
LanguageLanguage of the correspondence French
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Grand documentOriginal passage from the "Grand document".

-Lettre du 11 jan. 1699 (de Deventer) : « Monsieur, J’ai eu l’honneur de vous écrire une lettre de 26 juillet de l’année 1695, et elle était accompagnée de deux exemplaire (sic) du Chronicon de Joh. Malela (2), dont l’évêque de St Asaf (3), maintenant de Coventry et de Lichfelt (4), faisait présent au père Pagi (5) et a vous. Je ne crois pas qu’elle vous a été rendue, parce que je n’ai point reçu réponse, et que le père Pagi n’a pas encore vu l’exemplaire, qui lui était destiné. Je ne sais assurément, d’où vient, que mes lettres soient interceptées (sic); comme il est encore arrivé à deux autres, que j’avais écrites au mois d’août, de l’année 99 <, au père Pagi et à Mr. l’Abbé Nicaise> et qui étaient remplies de littérature. Car je traitais fort au long dans l’une de la famille de Valérien et de Gallien, et dans l’autre de l’explication, que le Père Daniel donne dans ses savantes dissertations à ces mots, CONOB. AVGGI. AUGGGAet de THEODEBERVS. C. (6) C’est quelque mal honnête savant sans doute, qui les a retenues, et qui peut-être a dessein d’en faire son profit, et publier ce que j’ai avancé avec assez de fondement, pour des remarques de son invention. J’ai reçu les Numismata de Mr. Vaillant (7), et Mr Grevius me mande, que vous m’en faites présent; et puisq(ue) je crois, que Mr. Vaillant a trouvé bon desia (8), vous ne serez pas faché, que je l’en remercie par une lettre, et que je viens aussi m’acquitter de ce devoir envers vous. Je vous en suis donc fort obligé, Mr., et je m’en souviendrai tousjours; ce livre me plaît <beaucoup» assurément, et je l’ai commencé a lire avec une ardeur incroyable; oui, il me semble que les affaires publiques, mes amis, le dîner, le souper, et le sommeil même ne m’en devrait pas empêcher. Vous pouvez être assuré par là, que j’aie beaucoup d’obligation à vous et à Mr. Vaillant, et que j’en témoignerai quand l’occasion s’en présentera. Si vous le trouvez bon, nous nous pourrions entretenir quelquefois, sur des nouvelles de la Republ(ique) des Lettres, ou sur quelques points, qui touchent l’Antiquité, ou sur les passages des auteurs anciens; car vous vousy entendez merveilleusement, témoin les notes sur Lactance (9), et je m’en estimerai toujours heureux de pouvoir profiter de vos lumières. Mes notes sur ce père, sont fort augmentées, et je m’y mettrais de bonne fois, si l’on en voulais faire une nouvelle édition (10). J’ai taché d’expliquer beaucoup de passages des auteurs de ce temps, ou d’autres qui parlent de la persécution de Dioclétien; et l’évêque de Coventry m’a envoyé une savante dissertation (11), où il soutient, que la persécution n’a pas duré que huit ans, ou decem annos interasos, mais je ne suis pas de son sentiment, et je lui ai montré, qu’il ne s’était pas bien pris à l’explication d’un ou deux passages d’Eusèbe (12). Ie n’en dirai pas d’avantage pour cette fois, mais je vous parlerai de deux médailles qui sont, à ce que j’en pu juger, fort rares. Sur l’une Tibère est appellé IMP. VNICus, et sur l’autre il se lit MAKEDONWN DEUTERAS. Mes amis d’Italie ne peuvent pas croire, que la dernière médaille soit dans le cabinets (sic), et je n’ai pas vu aucun auteur qui fasse mention ni de l’une ni de l’autre, et pour dire le vrai je suis persuadé que la première est uniq(ue). Parlez-en je vous prie a Mr. Vaillant, et à d’autres antiquaires, et vous me ferez un très singulier plaisir, si vous me voudriez communiquer ce qu’il vous en disent, ou que vous en jugez vous méme. Il y a encore une chose, dont je ne sais, si je vous ose charger; j’aime fort comme vous le savez, les belles lettres, et j’y emploie le peu de temps, qui me reste; et comme c’est un grand article de connaître les savants et (13) leurs ouvrages, je vous aurais une éternelle obligation, si vous me voudrez apprendre leurs noms, et les livres, ou dissertations qu’ils publient de temps en temps, principalement sur les médailles ou d’autres antiquites, pour le pouvoir faire venir de Paris. Car cette ville en abonde, et il s’y publient (sic) des feuilles, pour parler ainsi, volantes, qu’on ne peut pas trouver, si l’on ne les attrappe au commencement. En écrivant cette lettre, Mr Tullievre (14) me vient voir enpassant, il s’en allait à Liège, pour y être professeur en droit, comme vous le savez sans doute; , que je n’aie pas profité d’avantage de sa conversation; j’avais avec moi quelques Messieurs de la ville pour des affaires publiques, et je ne m’en pouvais pas défaire; il m’a dit que vous lui avez mis entre les mainsle livre de Mr. Vaillant, que j’avais reçu quelques jours auparavant; je parlais de votre Harmonie Evangelique (15) a lui, et il m’assurait, qu’elle n’était pas encore publiée. En vérité, Mr., vous vous réglez trop selon le précepte d’Horace, nonum prematur in anan (16) imitez plutôt le tolle moras de Virgile (17), et faites que nous ayons bientôt un livre, qui ne peut être que rempli des découvertes curieuses. Faites mes baise-mains [ai] <a> ces maîtres antiquaires, le père Hardouin (18), Mr. Vaillant, Mr. l’Abbé Renaudot (19), Mr. l’Abbé de Bos (20), et d’autres, quoiq(ue) je n’aie pas l’honneur de les connaître, que par leurs écrits, et je désire de savoir, si le Père Hardouin a renoncé à l’étude des médailles, entièrement; ce serait sans doute un grand dommage, car ce savant jésuite s’y entend fort bien; je demeure, Monsieur, Votre très humble serv(iteur), A Deven(ter) le 11 de Ian(vier) st. Iul. 1699 (Uppsala, Bibliothèque de l’Université, sur Europeana. Réf. Waller Ms benl-00212, sans numéro de folio ; transcription et notes de Guy Meyer).

RemarksRemarks regarding the annotation. (fr)

Guy Meyer: 1) la date est explicitée in fine: 1er janvier 1699 correspond au calendrier julien, le 11 au calendrier grégorien, en vigueur aujourd’hui. 2) Il s’agit, je pense, de l’édition de 1691 (Oxford), de la Chronique de Jean Malalas, par Edmund Chilmead et Humphrey Hody. Jean Malalas est un chroniqueur byzantin. 3) Lire Saint Asaph, au Pays de Galles. 4) Les deux cités épiscopales étaient fondu au sein d’un même évêché. Il est question ici de William Lloyd (1627-1727), correspondant de Cuper, qui fut successivement évêque de Saint Asaph, de Coventry (en 1692), puis Worcester. Il s’était rendu au pays-Bas lors du marriage de Mary fille du duc d’York avec le Prince d’Orange, en 1677-1678 (source ODNB) H. Hody (1659-1707) fut chapelain de l’évêque de Worcester (1690), puis de Canterbury (1694; ODNB). 5) Antoine Pagi (Roques, Gard, 1624-Aix, 1699) faisait des recherches sur la chronologie. Il est l’auteur des Critica historico-chronologica in Annales ecclesiasticos Baronii (1689). 6) Gabriel Daniel (Rouen, 1649-Paris, 1728), Jésuite, aborde les légendes monétaires mentionnées par Cuper au premier volume de son Histoire de France (Paris, 1696). Les lettres CONOB sur les monnaies furent discutées par Vaillant et Galland à l’Académie. 7) Il s’agit des Numismata imperatorum augustarum et cæsarum, à populis Romanæ ditionis græce loquentibus ex omni modulo percussa... per Joan. Vaillant bellovacum, doct(orem) medicum, & serenissimi ducis Cenomanensis antiquarum, publié pour la première fois à Paris, chez Cramoisy, en 1698, suivi d’un second tirage, en 1699, à Paris, chez Jombert, et, enfin, d’une seconde édition, pour le compte des frères Huguetan, à Amsterdam, en 1700. 8)Mot difficile à déchiffrer, avec une surcharge: le i(?) écrit sur un s. 9)Thoynard (1629-1706) avait publié des In Lactantium de Mortibus Persecutorum notae (Paris, 1690), mais une partie de ces remarques étaient déjà connues dans le monde savant et avait été intégré dans d’autres éditions. Cuper, lui-même avait rédigé des notes sur Lactance. Il y citait une inscription de Smyrne que lui avait communiquée Daniel Cosson, vice-consul de Smyrne et l’un de ses correspondants, assassiné par les Barbaresques peu après le tremblement de terre de juillet 1688. 10) Cf. note précédente. L’édition de 1692 (Utrecht) du de Mortibus persecutorum intégrait des notes de Cuper (déjà parues en 1684), ainsi que celle de Thoynard. 11)Seconde allusion à W. Lloyd. Je n’ai pas trouvé trace de cette dissertation qui ne fut peut-être pas imprimée. 12) Eusèbe de Césarée, contemporain de Constantin, auteur d’une Histoire ecclésiastique. 13)Dittographie. 14)J’ignore qui est ce M. Tullievre. 15) Ouvrage posthume de Nicolas Thoynard (ou Toinard), publié en 1707. Cette allusion assure l’identité du correspondant de Cuper, mais cf. déjà les notes sur Lactance. Thoynard, correspondant du Cardinal Noris (et beaucoup d’autres), possédait une collection numismatique et en discutait avec François Dron (cf. la Correspondance de ce dernier avec Thoynard dont un volume est conservé à la Bibliothèque Sainte-Geneviève de Paris, le reste est dispersé). Il s’intéressait surtout aux ères qui figuraient sur les monnaies, aux puissances tribuniciennes ainsi qu’aux années de règne, en gros tout ce qui touchait à la chronologie.Sur Thoynard, cf. Br. Neveu, Erudition et religion (Paris, 1994), pp. 53-54. Il est originaire d’Orléans où son père fut président du parlement. 16)Le n final est surmonté d’un trait horizontal, marque d’abbréviation. La citation complète est «nonum prematur in annum», Art poétique, Epi. III, 388. 17)L’expression se retrouve deux fois dans Virgile, Métamorphoses, XV, 24 et Héroïdes, IV, 147, ainsi que dans la Pharsale de Lucain. Elle fut reprise dans l’Art poétique de Vida, dans un passage inspiré de Virgile, v. 421. 18)Jean Hardouin (Quimper, 1646-Paris, 1729), jésuite, numismate, défendait des opinions paradoxales qui déclenchèrent de violentes polémiques à son égard de la part de Vaillant, Galland, Noris, et même Cuper.Son ordre lui interdit même un temps de publier quoi que ce soit. Cf. Ed. Galletier, «Un Breton du XVIIe siècle à l’avant-garde de la critique: le père Jean Hardouin, de Quimper», Annales de Bretagne, 36 (1924), pp. 461-483. 19) Eusèbe Renaudot (Paris, 1646-1720), érudit, petit-fils de Théophraste Renaudot, fondateur de la Gazette, membre de l’Académie Française et de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. 20) Jean-Baptiste Du Bos (Beauvais, 1670-Paris, 1742), parent de Vaillant qui se fit connaître en défendant la thèse des quatre Gordiens (combattue par Galland et Cuper). Il fut plus tard élu à l’Académie Française. (fr)

References

  1. ^  Foy-Vaillant, Jean (1698), Numismata imperatorum augustarum et cæsarum, à populis Romanæ ditionis græce loquentibus ex omni modulo percussa... per Joan. Vaillant bellovacum, doct(orem) medicum, & serenissimi ducis Cenomanensis antiquarum, à Paris, chez Cramoisy.