Nicolas-Claude Fabri de Peiresc - Honoré Aycard - 1632-5-29

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Nicolas-Claude Fabri de Peiresc - Honoré Aycard - 1632-5-29
FINA IDUnique ID of the page  10460
InstitutionName of Institution.
InventoryInventory number.
AuthorAuthor of the document. Nicolas-Claude Fabri de Peiresc
RecipientRecipient of the correspondence. Honoré Aycard
Correspondence dateDate when the correspondence was written: day - month - year . May 29, 1632
PlacePlace of publication of the book, composition of the document or institution. Belgentier 43° 14' 42.90" N, 6° 0' 1.04" E
Associated personsNames of Persons who are mentioned in the annotation.
LiteratureReference to literature. Tamizey de Larroque 1898, VII, p. 280-281, note 21
KeywordNumismatic Keywords  superstition, amulets, scyphates, byzantine, andronicus, anthropology, justin, justinianus, sint helena, provence, ancyra
LanguageLanguage of the correspondence French
LinkLink to external information, e.g. Wikpedia https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k62459169/f292.item
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Grand documentOriginal passage from the "Grand document".

-Lettre du 29 mai 1632 (de Belgentier) : «Monsieur, puisque vous desirez savoir mon sentiment sur les médailles que vous m’avez envoyées, je l’ai coté dans l’enveloppe que j’ai faite à chacune à part, où vous pourrez voir que la plus ancienne est du temps de l’Empereur Justin, second fils adoptif de Justinien, et qu’elle représente à son revers l’image d’une Victoire, laquelle ne se peignant jamais sans ailes est prise pour un Ange par ceux qui ne sont pas versés en la connaissance des images des anciens. Celle qu’on vous avait baillée pour une Sainte Hélène, cotée n° 11, est des empereurs Constantins Porphyrogenète et Romain, son fils, qui régnaient environ l’an 900. Elle mérite que vous en fassiez cas, quoique j’en ai plusieurs des mêmes princes, mais non pas si nettes et si entières que la vôtre qui est à fleur de coin, comme on dit à Paris. Certes, il n’y a pas de Sainte-Hélène sur ces médailles qui portent la figure du Christ avec une si longue barbe qu’il n’y a pas moyen de la prendre pour celle d’une Sainte: de l’autre côté, les deux figures n’ont pas de cercles autour de la tête, mais bien deux princes avec leurs noms fort lisibles. Nos paysans de Provence, lorsqu’ils trouvent dans la terre une médaille du Bas-Empire, surtout si elle est concave ou bombée, et comme ils le disent en forme d’écuelle, l’appellent, d’après une vieille tradition dont je ne sais pas l’origine, médaille de Sainte-Hélène, prétendant qu’elle guérit des maléfices. Croiriez-vous qu’à Aix les personnes charitables qui se dévouent à exhorter les pauvres patients à la mort et à les enterrer après leur exécution, ont dans leur chapelle une certaine provision de ces médailles du Bas-Empire en écuelles et qu’ils en mettent une au col du patient avant son exécution, en lui disant que cette médaille qui est bénie et qui porte la figure de Sainte Hélène, le fera souvenir de Dieu et lui portera bonheur? La troisième, quoique de bas or et de maniere fort barbare, n'est pas guère moins à estimer à mon avis pour représenter d’un côté l’image d’un autre Christ qui met sa couronne sur la tête à deux autres princes dont les noms semblent assez lisibles, des Empereurs Michel et Andronicus Paléologue père et fils, dont le père reconquit la ville de Constantinople sur l’Empereur Baudouin, second prince du sang de France et du tems du roi S. Louis. Ce qui est représenté au revers qui se distingue difficilemement, est fait pour l’image d’une Vierge Marie assise tenant les bras ouverts et ayant le cercle des Saints à l'entour du visage aux deux côtés duquel visage se voient encore quelques vestiges des inscriptions ou chiffres que voulaient faire les Grecs pour signifier la mère de Dieu, et ce qui engendre plus de confusion, c’est que cette image se trouve enfermée dans une enceinte de murailles de ville garnie de tourelles ou châteaux qui ne sont pas situés selon les règles perspectives. La quatrième et derniere représente du côté convexe ou qui est en bosse une pareille image de la Vierge Marie assise en une chaise dont les accoudoirs sont si mal représentés qu’ils semblent plutôt deux lettres P que non pas deux accoudoirs de chaise, et semble que le cercle de l’entour du visage soit double, et qu’il y ait une couronne par dessus la tête quasi en forme de mitre; elle a les bras ouverts comme la précédente, et l’enceinte de muraille de ville qui l’environne est garnie de quatre châteaux chacun muni de trois tourelles situées en perspective contraire les uns des autres ce qui augmente grandement la confusion, et n’y a aucune écriture, chiffre ou caractère de ce côté là : mais de l’autre il y a une autre figure de Christ devant laquelle se prosterne à ses pieds une figure d’homme qui semble être un Saint, puisqu’elle a ce cercle à l’entour du visage, et toutefois elle est bien richement vêtue d’habillements garnis de pierreries, ce qui me fait juger qu’ils ont voulu représenter quelque prince, car on en voit avec le nimbus; on ne peut lire que la fin du dernier mot qui appartient à un Andronicus. Ce pourrait être l’Empereur de ce nom: ou si l’on voulait que ce fut un Saint, à cause du nimbus, ce pourrait être un de ces despotes ou princes dépendant des empereurs du nom d’Andronicus. Il y en a dans le Ménologue des Grecs outre le Saint Andronictis martyrisé sous Dioclétien en la ville de Tarse dans l’Asie-Mineure. On aurait pu mettre l’effigie de quelqu’un de ces Saints sur cette monnaie frappée à Ancyre; au reste, la gravure est si barbare, qu’il ne semble pas que la médaille puisse se rapporter à un siècle plus haut que celui du règne de la famille des Paléolognes. Or, il y a dans cette famille bon nombre de princes du nom d'Andronic » (citée par Fauris de Sant-Vincent mais non retrouvée ; Tamizey de Larroque 1898, VII, p. 280-281, note 2).

References

  1. ^  Tamizey de Larroque, Philippe (1898), Lettres de Peiresc. VII. Lettres de Peiresc à divers, 1602-1637, Paris.