Nicolas-Claude Fabri de Peiresc - Lucas Holstenius - 1632-8-11

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Nicolas-Claude Fabri de Peiresc - Lucas Holstenius - 1632-8-11
FINA IDUnique ID of the page  10267
InstitutionName of Institution. Vatican City, Biblioteca Apostolica Vaticana
InventoryInventory number. Biblioteca Barberini, vol. 79, n° 37
AuthorAuthor of the document. Nicolas-Claude Fabri de Peiresc
RecipientRecipient of the correspondence. Lucas Holstenius
Correspondence dateDate when the correspondence was written: day - month - year . August 11, 1632
PlacePlace of publication of the book, composition of the document or institution. Belgentier 43° 14' 42.90" N, 6° 0' 1.04" E
Associated personsNames of Persons who are mentioned in the annotation. Claude Ménestrier, Adolf Occo
LiteratureReference to literature. Occo 15791, Tamizey de Larroque 1894 vol. 5, lettre XXXVII, p. 386-3892
KeywordNumismatic Keywords  theft, sardes, roman provincial, gordianus, philip the arab, metropolis, otacilla, antioch, portrait, casts, valerianus, gallienus
LanguageLanguage of the correspondence French
LinkLink to external information, e.g. Wikpedia https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k62631048/f402.item.r=Lettres%20de%20Peiresc
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Grand documentOriginal passage from the "Grand document".

Lettre du 11 août 1632 (de Belgentier, à Rome): "Depuis celles que je vous écrivis dernièrement par la voie de Marseille, sur l’avis qui me fut donné que la malle du sieur Ménestrier avait été péchée et volée entre les pécheurs, qui étaient tous gens de galère, j’en envoyai faire plainte à Monsieur le Général des galères, lequel en fit mettre deux à la chaîne, qui rendirent leurs portions de ce vol, n’ayant point été possible de rien retirer des autres, mais entre ce qui fut rendu par cette canaille, s’est trouvée de bonne fortune cette médaille de la ville de Sardes, dont je croirais que vous eussiez pris mémoire, mais d’autant que j’ai appris depuis dudit sieur Ménestrier que vous ne l’aviez vue qu’en passant, et qu’il s’était chargé de vous en envoyer lui-même l’inscription (attendu qu’il ne l’avait recouvrée que sur le point de son parlement et après avoir enfermé tout son cabinet et autres hardes qu’il laissait de par-delà, qui fut la cause qu’il la voulut emporter quant et lui), je n’ai pas dû manquer de vous en envoyer l’inscription puisque le sr Ménestrier m’a laissé la médaille, où il m’a semblé de pouvoir lire du côté de cette tête de femme voilée que vous y avez vu ΜΗΤΡΟΠΟΛΙC. CΑΡΔΙC. ΑCΙΑC. ΛΥΔΙAC. ΕΛΛΑΔΟC. A. Et au revers à l’entour de ce ravissement de Proserpine ΕΠΙ. CΟΥΛ. ΕΡΜΟΦΙΛΟΥ. Α. ΑΡΧ. Et par-dessous CΑΡΔΙΑΝΩΝ. Β. ΝΕΩΚΟΡΩΝ. La question est de pouvoir determiner le temps que cette médaille a été cognée, puisqu’il ne s’y voit point de nom d’empereur, car outre qu’il se cognait bien à la manière, qu’elle pas si antique qu’on la puisse prendre pour être du temps de la liberté de la Grèce, auparavant l’empire romain, le nombre qui y est coté de la seconde restauration de ceste ville empêche d’en pouvoir reculer l’antiquité plus haut que du temps de Caracalla, sous lequel plusieurs médailles ont été battues en la même ville, comme du temps de sa première restauration. Or Adolphus Occo fait mention d’une médaille de Gordien troisième battue en la même ville sous un Julius Sulpitius Hermophilus, qui pourrait bien être le même qui se trouve nommé dans la médaille dont il est question. Et le même auteur en ajoute encore une de l’empereur Philippe battue en la même ville avec un Hercule traînant le Cerbère sans aucune expression de la qualité ou dignité de métropole. Ce qui me fait conjecturer que la susdite médaille de Gordine et celle dont est question pourraient bien être battues toutes deux en une même année sous la hiérarchie de ce même Sulpitius Hermophilus tant sur la fin de l’empire de Gordien qu’au commencement de l’empire de Philippe qui lui succéda immédiatement. Lequel revenant d’Orient et passant par l’Asie Mineure, pourrait bien avoir conféré à cette ville de Sardes la prérogative de métropole, dont est faite mention en cette médaille, avant que la première année de la hiérarchie d’Herophilus fut expirée. Laquelle conjecture semble se pouvoir encore aucunement fortifier par la physionomie et ressemblance de ce visage de femme qui est mis en cette médaille pour représenter celui de la statue, figure ou génie de la ville de Sardes, lequel ressemble entièrement l’impératrice, Marcia Ottacilia Severa, femme dudit empereur Philippe, étant certain et vérifié par une infinité de pareils exemples, que les images des dieux et déesses, qui se forgeaient pendant l’Empire, avaient toujours je ne sais quel trait de ressemblance avec le visage de l’empereur, qui était lors régnant, ou de sa femme, tant était grande l’adulation de ces peuples, qui affectaient par ce moyen de faire paraître leurs princes et princesses. Ce que j’ai vu pratiqué particulièrement aux médailles de l’Orient, et surtout en celles de la ville d’Antioche, dans lesquelles le visage du génie de ladite ville ressemble parfaitement, tantôt Néron, tantôt Vespasien, tantôt Hadrien, et tantôt d’autres princes avec l’empire desquels concourt le nombre des années de l’ère, ou supputation antiochène, dont je pourrai un jour envoyer des empreintes, si vous en doutez, et si vous voulez voir la vérification. Que si vous trouvez d’autres difficultés à cette conjecture vous me ferez grand plaisir de me les mander, et je m’en rapporterai toujours très volontiers à vos bons avis. Je n’ai pas ici maintenant mes livres et particulièrement les ntices des églises d’Orient pour voir quelles étaient les dépendances et le ressort de la ville de Sardes. Mais il me semble d’avoir vu quelques médailles de Valérien ou de Gallien battues en la même ville, sous le gouvernement d’un certain particulier dont j’ai oublié le nom. Bien me souvient-il qu’il prenait la qualité d’Asiarque, ne me pouvant pas ressouvenir si la ville était qualifiée métropole ou non. Il est vrai que ces dignités et prérogatives ont été souvent transférées de lieu à autre ou communiquées à des villes que l’on soustrayait par ce moyen de la dépendance des autres, selon l’arbitrage des princes, comme les papes fotn aujourd’hui des archevêques et primats tel que bon leur semble, sur quoi vous me pourrez dire sans doute de meilleures choses que nous ne saurions avoir de toute autre part, et m’obligerez infiniment de m’en écrire votre avis à votre commodité [...]" [Biblioteca Barberini (presso Biblioteca Apostolica Vaticana), vol. 79, n° 37; Tamizey de Larroque 1894 vol. 5, lettre XXXVII, p. 386-389].

References

  1. ^  Occo, Adolf (1579). Imperatorum Romanorum numismata a Pompeio Magno ad Heraclium: quibus insuper additae sunt inscriptiones quaedam veteres, arcus triumphales, et alia ad hanc rem necessaria. Antwerp: Christophe Plantin.
  2. ^  Tamizey de Larroque, Philippe (1894), Lettres de Peiresc V, lettres de Peiresc à Guillemin, à Holstenius et à Menestrier. Lettres de Menestrier à Peiresc (1610-1637), imprimerie nationale, Paris.