Antoine Galland - Pierre-Joseph de Grainville - 1698-9-11

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Antoine Galland - Pierre-Joseph de Grainville - 1698-9-11
FINA IDUnique ID of the page  5675
InstitutionName of Institution. Paris, Bibliothèque nationale de France
InventoryInventory number. Ms Fonds Français 6137, p. 11.
AuthorAuthor of the document. Antoine Galland
RecipientRecipient of the correspondence. Pierre-Joseph de Grainville
Correspondence dateDate when the correspondence was written: day - month - year . September 11, 1698
PlacePlace of publication of the book, composition of the document or institution. Caen 49° 10' 58.08" N, 0° 22' 8.69" W
Associated personsNames of Persons who are mentioned in the annotation. Adolf Occo, Francesco Mezzabarba Birago, Jean Foy-Vaillant, Nicolas-Joseph Foucault, Louis-Auguste de Bourbon
LiteratureReference to literature. Occo 15791, Mezzabarba Birago 16832, Abdel-Halim 1964, p. 207, n° LXXXIV)3
KeywordNumismatic Keywords  caligula, roman, septimius severus, commodus, claudius, iconography, vesta, ex s.c., agrippina, livia, victoria, augustus, roman provincial, mytilene
LanguageLanguage of the correspondence French
LinkLink to external information, e.g. Wikpedia https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52506272z/f19.image
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Grand documentOriginal passage from the "Grand document".

-Lettre du 11 sept. 1698 (de Caen) : « Mon Révérend Père, … / L’on ne peut pas dire, suivant mon sentiment, que la raison pourquoi nous voyons la déesse Vesta représentées au revers des médailles de Caligula, particulièrement dans les médailles de / moyen bronze, vienne de ce qu’il avait quelque dévotion particulière pour elle. Il ne paraît point par la vie de Caligula qu’il ait été fort religieux. Les menaces qu’il fit à Jupiter Capitolin, la liberté qu’il se donnait d’inviter la lune venir coucher avec lui, et de se placer entre Castor et Pollux dans leur temple, pour se faire adorer comm eux, sont de bons témoignages de libertinage et d’impiété. Peut-être que nous découvrirons plutôt ce que nous cherchons, en considérant que c’était le Sénat qui faisait frapper les médailles de bronze des empereurs et des impératrices, et que les sénateurs, ou les monétaires choisis pour en prendre le soin, y faisaient graver les revers ou les types qu’ils jugeaient à propos pour la gloire et pour la réputation du prince et de sa famille. Sur ce fondement, ne pouvons nous pas dire que Caligula au commencement de son règne avait donné uen marque si éclatante / envers Agrippine sa mère, en allant lui-même recueillir ses cendres dans l’île où elle était morte par la cruauté de Tibère, le sénat ne pouvait rien faire de plus glorieux pour sa réputation, et qui lui plût davantage, que de faire représenter sa mère, sous la figure de Vesta, au revers des médailles qu’il faisait frapper en son nom. Livie avait déjà été représentée sous le même type, quoique sans le nom de Vesta sur des médailles de Tibère frappées à Rome, et sur celles des colonies de Carthage et d’Utique, comme on le voit par le cbinet des médailles de M. Foucault. Le sénat a fait aussi représenter sous ce type les impératrices suivantes pour leur faire honneur, de même que sous les types de Junon, de Vénus, de Cérès et de la Pudeur sans trop examiner si quelques-unes d’entre elles le méritaient ou ne le méritaient pas. Ce qui peut encore servir à appuyer cette raison, et à faire connaître / que Vespa n’est point représentée sur les médailles de Caligula, pour remarquer qu’il était dévôt à cette dignité, c’est que ce type ne se trouve point sur les médailles en or et en argent frappées par son autorité. Quand il s’en trouverait, je ne crois pas pour cela que l’on dût en tirer un argument de sa piété envers Vespa ; mais plutôt de sa piété envers sa mère, qui me paraissait toujours représentée sous ce type. Si l’on objectait que Caligula n’a donc pas soutenu sa piété envers sa mère, en ne la fasant pas représentée sous la figure de Vesta sur les médailles frappées par son autorité, je ne croirais le défendre suffisamment à cet égard en vous faisant souvenir des médailles que nous avons de lui en or et en argent où l’on voit la tête de sa mère avec l’inscription honorable : AGRIPPINA C. CAES. &c. Puisque vous me rappelez à la médaille d’or du même Caligula, avec une victoire sur le globe terrestre au revers, pour me demander si ce n’est pas une / mrque de la victoire qu’il prétendait avoir remportée sur Neptune, lorsqu’il alla faire ramasser des coquilles à son armée sur le bord de la mer, comme des dépouilles de l’océan, et digne du Capitole et du palais impérial, suivant le texte de Suétone ; je remarque premièrement que le type de la victoire présentée en cette forme n’est pas nouveau, et que nous avons une médailles d’Auguste où elle est représentée en la même manière. Nous en avons de semblables d’autres empereurs, et même de ceux du Bas-Empire, et dans toutes ces médailles, il semble que la victoire sous cette figure marque la grandeur de la victoire remportée par l’empereur, dont le bruit était répandu par toute l’étendue de l’empire romain, exprimé par le globe terrestre en mille endroits des médailles antiques. Et vous savez que les Romains même avant les empereurs, prétendaient que leur empire était compris toto orbe terrarum, contre la vérité. En second lieu, savoir si la médaille / doit se rapporter à l’expédition de Caligula sur le rivage de la mer, pour vous en dire ma pensée, de la manière que Suétone parle de cette expédition, il me semble qu’il faut plutôt la regarder comme une plaisanteire dont Caligula voulut se divertir, que comme une action sérieuse dont il prétendit tirer de la gloire… Cependant Caligula avait fait une action, qui aurait pu servir de fondement à une médaille, dont le revers eu représenté par exemple une victoire avec une / proue de galère, ou une galère entière, quoi qu’indirectement Suétone nous apprend qu’il avait pénétré jusque sur l’océan par ce passage… Cela était suffisant à la vanité de Caligula, pour en éterniser la mémoire par une médaille à peu près semblable à celle que j’ai marquée. Je vous ai déjà exposé la raison pour quoi Sévère consacra Commode. Sévère n’avait pas la même raison de rendre cet honnuer à Tibère qui était trop éloigné de lui, non plus qu’aux autres empereurs ses prédécesseurs auxquels il n’avait pas été rendu. Mais, quoiqu’il ne paraisse pas que l’on ait consacré Tibère à Rome, néanmoins on lui fit cet honneur dans la Grèce comme on le voit par une médaille des Mytiléniens, qui se trouve dans le cabinet de Mr Foucault et que Mr Vaillant cite du cabinet de sr le duc de Maine dans son Recueil des médailles grecques, p. 7 où il est appelé ΤΙ. ΘΕΟΣ ΣΕΒΑΣΤΟΣ ; et Livie y est représentée / au revers avec ces mots ΙΟΥ ΘΕΑ ΣΕΒΑΣΤ. Ainsi vous voyez que Livie n’a point été consacrée sans son fils, au moins chez les Grecs. Je n’ai point vu de médaille de Caligula avec Jupiter ou Mercure au revers, et Occo ni le comte Mezzabarba n’en rapportent aucune, en quelque métal que ce soit. Au lieu d’avoir eu de la dévotion à quelques divinités préférablement à d’autres, il paraît plutôt avoir pris un grand soin de s’attirer la dévotion et le culte de ses sujets en se mettant entre Castor et Pollux pour être adoré, comme nous l’avons vu. Il ne paraît pas que Claude ait fait aucune action en Germanie… Ses médailles latines et grecques font foi de ce fait. Cependant, pour satisfaire à la demande que vous me faites là-dessus, il est constant que jusqu’à présent / (à compléter) (Paris, BnF, Ms Fonds Français 6137, Galland, Correspondance de Caen, p. 13-20 ; Abdel Halim p. 207, n° LXXXIV).

Bibliothèque nationale de France

References

  1. ^  Occo, Adolf (1579). Imperatorum Romanorum numismata a Pompeio Magno ad Heraclium: quibus insuper additae sunt inscriptiones quaedam veteres, arcus triumphales, et alia ad hanc rem necessaria. Antwerp: Christophe Plantin.
  2. ^  Mezzabarba Birago, Francesco (1683). Imperatorum romanorum numismata a Pompeio magno ad Heraclium ab Adolfo Occo ne olim congesta, nunc augustorum iconibus, perpetuis historico / Chronologicis notis, plubribusque additamentis illustrata, et aucta. Mediolani: Ex Typographia Ludovici Montiae.
  3. ^  Abdel-Halim, M. (1964), Antoine Galland, sa vie et son œuvre, Paris.