Ferdinando Galiani - Friedrich Melchior - 1772-7-18

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Ferdinando Galiani, Naples

Ferdinando Galiani - Friedrich Melchior - 1772-7-18
FINA IDUnique ID of the page  5448
InstitutionName of Institution.
InventoryInventory number.
AuthorAuthor of the document. Ferdinando Galiani
RecipientRecipient of the correspondence. Friedrich Melchior
Correspondence dateDate when the correspondence was written: day - month - year . July 18, 1772
PlacePlace of publication of the book, composition of the document or institution. Naples 40° 50' 9.35" N, 14° 14' 55.61" E
Associated personsNames of Persons who are mentioned in the annotation.
LiteratureReference to literature. Sérieys 1818, p. 335-3371
KeywordNumismatic Keywords  Roman , Iconography , Apotheose
LanguageLanguage of the correspondence French
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Grand documentOriginal passage from the "Grand document".

-Lettre du 18 juillet 1772 (de Naples) : « Monsieur le baron, Quoi! vous me demandez encore des médailles après le mauvais succès de celles que j’imaginai pour le mariage du prince, et dont je n’ai jamais reçu aucune épreuve ! Vous me croyez donc meilleur pour les morts que pour les mariages ? J’obéis. Les anciens n’ont jamais pleuré les princes morts. Cette grande vue politique avait été développée par Tibère ,lorsqu’il défendit les deuils de Germanicus, en disant : Principes quidem mortales, rempublicam aeternam esse. En effet, c'est toujours une satyre du gouvernement actuel, queles regrets du passé. Or, s’il y a un pays au monde qui ne doit rien regretter, c’est celui à qui le chef prince de Saxe-Gotha est échu en partage pour son souverain. Les anciens n’ont donc gravé sur les médailles que les apothéoses de leurs princes et princesses. Ainsi toutes les inscriptions à ce sujet se réduisent à consecratio, ou memoriae aeternae, avec les symboles de l’apothéose, qui sont ou le rogus, ou le temple, ou le carpentum, attelé à des éléphants ou à des mulets pour les augustes femelles. Lorsque la mode des déifications passa, on trouva quelque chose deplus approchant de nos moeurs. La médaille de Claude-le-Gothique et de Maximien a, dans le revers, le prince assis sur une chaise curule, avec l’inscription : Requies optimor. C’est cette médaille que je choisirai pour modèle de la nôtre. Je mettrai d’un côté la tête du princedéfunt, coiffé à l’antique, cependant avec le bandeau, marque de la souveraineté, comme il est surtoutes les têtes des rois anciens d’Egypte, de Sicile, de Macédoine, etc. L’inscription dirait :Divo Frederico gothico, optimo principi. Dans lerevers, la figure entière du prince, habillée et drapée avec élégance, assise, ayant devant elle unpalmier, symbole de l’éternité, d’où pendent lesécussons de Gotha et d’Altembourg, avec un faisceau d’armes au pied de l’arbre. Ces boucliersattachés aux palmiers, sont très-fréquens sur lesmédailles, la lête du prince pourrait être rayonnéedu nimbres, comme celle d’Apollon, symbole del’immortalité. L’inscription dirait : Requies optimor merit : en bas mettez le jour et l’année dela mort. Voilà ma médaille.Mais si le prince veut la sienne, je n’ai qu’à luifaire remarquer que les génies ayant leurs flambeaux renversés sur les écussons, indiqueront quele feu duc a mis le feu à ses Etats. On trouve eneffet ce revers sur les médailles, d’une figure d’Adrien, qui, avec un flambeau renversé où brûle quelque chose ; mais ce sont de vieilles dettes des provinces avec le fis, et l’inscription : Reliqua vetera. H. S. Novies mil : abolita. C’est biendifférent de brûler des dettes et de brûler des provinces. Ainsi ce génie pleurant et le flambeau renversé devraient toujours être au pied d’un palmier,d’où pendraient les armes de Gotha et de Saxe. L’inscription doit dire luctus publicus, et pasmoeror. Le mot luctus me paraît consacré pour lesdeuils : voici mon avis dit avec toute la franchisepossible. Mettez un seul génie et pas deux ; car iln’y a qu’un mort, et ce génie c’est l’âme même dudéfunt et son esprit représentés par ce flambeau quis’éteint. Deux flambeaux indiqueraient deux morts. En avez-vous assez pour deux sous ?Le co…morbus est un effet des souffrances quevous avez occasionnées à votre bas-ventre par desrévérences multipliées et excessives. Réformez-lesdonc, et venez à Naples apprendre l’impolitesse. Je suis d’une humeur de chien aujourd’hui. » (Sérieys 1818, p. 335-337).

References

  1. ^  Sérieys, A. (1818), Lettre de l’éditeur de la correspondance complète de l’abbé Galiani à l’éditeur de cette correspondance incomplète, Paris.-Sirmond, J. (1728), Opera varia…, 5 vol., Venice.