Jean-Jacques Barthélemy - François-Philippe Gourdin - 1784

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Jean-Jacques Barthélemy - François-Philippe Gourdin - 1784
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Lettre de 1784 (sans lieu) : « La lettre que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire, mon révérend père, exigeait quelques recherches qui en ont suspendu la réponse. M. Galland lut en effet, dans la séance publique de l’Académie des belles-lettres, du 3 mai 1707, une dissertation sur une médaille qui porte le nom de Cléopâtre, et qu’il attribuait à la Bérénice de Titus. Vous êtes étonné de n'en trouver aucune mention dans nos Mémoires. Votre surprise cessera quand j’aurai mis sous vos yeux ce qui se passa dans les séances suivantes. Je vois par des notes manuscrites, écrites de la main de M. de Boze, que, dans celle du 6 mai, tous ceux qui s’appliquaient à l’étude des médailles se déclarèrent ouvertement contre l’explication de M. Galland, et la détruisirent par quantité d’objections, dont voici le résultat tel qu’il est dans les notes citées : « Enfin, M. Galland ne saurait prouver que Bérénice ait jamais quitté ce nom, qu’elle ait jamais pris celui de Cléopâtre, qu’on l’ait jamais appelée ΘEA NEΩTEPA, ni qu’elle ait jamais été reconnue pour femme de l’empereur Titus. Il semble donc qu’on ne puisse pas avancer un fait de cette conséquence sur le témoignage équivoque d’une médaille dont la légende ne dit rien de semblable, et dont la lecture même est contestée. M. Galland était présent, et ne se rendit point. Dans la séance du 10, il répondit à ces objections, et termina son mémoire par un trait digne de remarque : « Pythagore, dit-il, ne demandait à ses disciples que sept ans de silence pour s’instruire des principes de sa philosophie avant que d’en écrire ou d’en vouloir juger. Sans que personne l’eût exigé de moi, j’ai gardé un silence plus rigide et plus long dans l’étude des médailles. Ce silence a été de trente années. Pendant tout ce temps-là, je ne me suis pas contenté d’écouter un grand nombre de maîtres habiles, de lire et d’examiner leurs ouvrages, j’ai encore manié et déchiffré plusieurs milliers de médailles grecques et latines, tant en France que dans la Syrie et dans la Palestine, à Constantinople, à Smyrne, à Alexandrie et dans les îles de l’Archipel. Le sort d’un autiquaire est bien déplorable au prix de celui d’un expert dans les arts les plus mécaniques. L’expert, souvent peu expérimenté et choisi par caprice ou par faveur, ne laisse pas d’être cru en justice, et l’on ne veut pas s’en rapporter à un antiquaire qui a de l’acquit dans la connaissance des médailles, et qui les explique avec autant de franchise que de bonne foi. » J’ai copié ce long passage, parce qu’il contient quelques détails sur les travaux et sur les voyages de M. Galland. Il faut convenir que ses plaintes étaient injustes. Il parlait devant des arbitres qu’on ne pouvait conduire par la voie d’autorité : tels étaient M. Vaillant, M. Simon, M. de Boze et M. Baudelot. Suivant les apparences, il persista dans son opinion, qui depuis n’a trouvé aucun partisan, et qui ne pouvait pas en avoir. La médaille dont il s’agit est certainement de Cléopâtre, reine d'Égypte. Les mots du revers AΥT TΟΥ KAIC, doivent s’expliquer par AΥTΟKPATΟPΟC TΟΥ KAICAPΟC : imperatoris filii Caesaris, qui paraissent ne convenir qu’à Auguste. Mais comment le nom de ce prince est-il associé sur une médaille avec celui de Cléopâtre ? C’est une difficulté qu’on ne pourrait résoudre que par des conjectures ; il faudrait même examiner auparavant la médaille. Elle n’est point dans le cabinet du roi, ni dans aucnn de ceux que j’ai vus. Après la mort de M. Foucault, elle passa dans celui des ducs de Parme, qui depuis a été transporté à Naples. M. Galland s’était laissé séduire par l’espoir d’une découverte, et l’Académie, en gardant le silence sur cette question, prouva les égards qu’elle avait pour un confrère estimable. Il en méritait beaucoup. Il était également versé dans la connaissance des monuments antiques et dans celle des langues orientales. Son nom est avantageusement connu dans la littérature ; il ne manquait à sa mémoire qu’un historien digne de lui, et cet historien est maintenant trouvé. J’ai l'honneur d’être , etc.” (Œuvres de J.-J. Barthélemy, IV, 1821, p. 586-588).

References

  1. ^  Barthélemy, J.-J. (1821) : Mémoires sur la vie et sur quelques-uns des ouvrages de J.-J. Barthélemy écrits par lui-même en 1792 et 1793, in Œuvres complètes, I, Paris, 1-48 (éd. par G. de Sainte-Croix).