Nicolas-Claude Fabri de Peiresc - Claude Ménestrier - 1628-6-1

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Nicolas-Claude Fabri de Peiresc - Claude Ménestrier - 1628-6-1
FINA IDUnique ID of the page  10648
InstitutionName of Institution. Montpellier, Bibliothèque de l’Ecole de Médecine
InventoryInventory number. Ms. H 271, f°43
AuthorAuthor of the document. Nicolas-Claude Fabri de Peiresc
RecipientRecipient of the correspondence. Claude Ménestrier
Correspondence dateDate when the correspondence was written: day - month - year . June 1, 1628
PlacePlace of publication of the book, composition of the document or institution. Aix-en-Provence 43° 31' 47.42" N, 5° 26' 50.89" E
Associated personsNames of Persons who are mentioned in the annotation. Girolamo Aleandro, Jacques Carteron
LiteratureReference to literature. Tamizey de Larroque 1894, V, lettre XX, p. 544-5471, Bresson 1975, p. 72, note 242
KeywordNumismatic Keywords  weights, alexander severus, medaglions, roman, rust, cleaning, recutting, lead tokens, augustus, tiberius, trajan, coin casts, diameter, punic, palm tree, siglos, drawing, samaritan, plate engraver, heraclius, greek
LanguageLanguage of the correspondence French
LinkLink to external information, e.g. Wikpedia https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k62631048/f560.item.r=claude%20menestrier%20correspondance
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Grand documentOriginal passage from the "Grand document".

-Lettre du 1 juin 1628 (d’Aix) : « Par le dernier ordinaire d’Avignon je reçus votre lettre du 6 mai, et samedi dernier je reçus les petits fagots que Mr d’Aubery m’avait envoyés par mer avec les hardes de Mr le vicomte de Pourrières où je trouvai les six médailles et un petit poids que vous lui aviez remis à votre retour de Naples moyennant votre rembourcement de ce peu que vous y aviez fourni pour l’amour de moi. En quoi vous m’avez grandement obligé, vous avouant ingénument que vous avez bien rencontré mon goût au choix de toutes ces petites pièces si extravagantes, même en cette grosse médaille d’Alexandre Sévère quoique mal traitée, non seulement de la rouille, mais aussi des burins de celui qui l’a nettoyée. Car je l’eusse estimée beaucoup plus toute pucelle et avec sa rouille entière. Mais elle ne laisse pas d’opérer ce que je desirais, car puisqu’elle parait toujours indubitablement antique, elle peut servir de garantie de l’antiquité de l’autre précédente que vous m’aviez envoyée ci-devant, qui est ce dont nous pouvions être en peine. Et si par hasard, il vous en passait par les mains d’autres à peu près pareilles du même métal soit dudit empereur ou autres, et soit de pareille grandeur, ou autre plus ou moins grande, pourvu qu’elle excède la façon commune des deniers romains de ce temps là, même s’il s’en trouvoit de plus petites que les deniers d’argent ordinaires du même empereur, vous m’obligerez infiniment de me les accaparer et faire acheter encore qu’elles fussent autant et plus gâtées ou rouillées que celle-ci, quelques revers ou inscriptions qu’elles puissent avoir. Et si pareillement il se rencontrait de médaille d’or du même empereur Alexandre, de grandeur ou petitesse de poids extraordinaire, je les achèterais très volontiers et je m’assure que Mr d’Aubery vous fournira librement ce qui y sera nécessaire. Ce petit poids carré écrit en lettre d’argent m’a été fort agréable, et je vous prie de ne rien laisser échapper de semblable quand vous en rencontrerez. La médaille avec ce nombre XLH, me semble fort extravagante. J’en ai autrefois vu grande quantité dans Rome qui ont d’autres nombres différents placés comme celle-là dans une couronne de laurier ou de myrthe, et de l’autre côté y avait des figures fort bizarres, sans y avoir jamais trouvé chose qui peut faire juger du temps. Si cela est qu’aucunes avaient le visage d’Auguste et d’autres celui de Tibère sans aucune inscription. Mais celle-ci a une figure qui semblerait à l’habit être d’un siècle bien bas, n'était qu’elle est mise dans une couronne, qui ressent une plus grande antiquité. J’aurais volontiers des empreintes de toutes celles qui se pourront trouver avec de tels nombres, afin de pouvoir essayer par la conférence des unes aux autres de deviner à peu près ce que ce pouvait être. La médaille de Trajan avec la tête de veau et les lettres capitales sera possible de quelque colonie et semble bien bizarre, mais il y en a une autre, encores plus bizarre, avec des lettres latines assez malaisées à interpreter. Celle de l’écrevisse avec des caractères puniques ou autrement extraordinaires est assez curieuse. Mais l’autre grossette où est le palmier et autres caractères étranges est entièrement de mon goût. J’en avais une semblable, mais elles sont toutes deux si mal cognées qu’il n’y a pas moyen de restaurer l’inscription entière de tous les deux côtés sans le secours de quelque autre semblable. C’est pourquoi, si vous en pouviez rencontrer quelqu’autre et m’en procurer ou l’acquisition ou la vue, ou bien l’empreinte, vous me feriez un singulier plaisir. Je vous supplie d’en faire exacte recherche chez les curieux de par delà, et m’excuser de la peine que je vous donne. Reste maintenant à répondre à votre dernière lettre, et ce faisant vous dire que ce n’est pas le cardinal de Berule qui demandait les dessins des sicles, mais un autre Père de sa congrégation de l’Oratoire, qui est sur le point de se resoudre à faire imprimer une Bible en caractère samaritain où il se voulait servir des caractères dedits sicles. Mais ce n’est pas ouvrage qui soit encore si prêt, et ne sais si je ne me résoudrai point moi-même de donner ce que j’ai en cette matière qui consiste en plus de cinquante pièces entre lesquelles il s’en trouvera bien quelques-unes assez curieuses. C’est pourquoi vous me ferez grande faveur de m’aider à avoir tout ce qui se trouvera de cette nature, sinon les originaux, au moins les empreintes. Si on ne pouvait avoir ces empreintes, encore y aura il quelque soulagement à voir les dessins. Et serai bien aise que vous m’envoyiez copie des dessins qu’avez baillez à Mr Aleandro, pour voir s’il y aurait rien qui m’eût échappé. Et après si nous avons ici quelque bon graveur en taille douce nous verrons s’il serait à propos de faire graver tout ce mien recueil. Et à la suite de cela quelques autres curiosités des dépendances de cette sorte d'antiquités. Si vous ne pouvez envoyer par même moyen une empreinte de la medaille d’Heraclius que vous avez nouvellement recouvrée avec l’inscription INDICTIONE..(sic), je vous en serai bien redevable. Mais en ce cas je vous supplie d’avoir soin que l’empreinte soit bien nette, principalement en l’endroit de la fin de l’inscription du revers, afin de pouvoir donner quelque jugement des nombres qui y pouvaient être cotés. Quant au sieur Carteron, nous ne l’avons point vu en ces quartiers ici, et quand bien lui se laisserait voir, je ne pense pas que nous pussions avoir la vue de ce qu’il emporte, principalement des marbres qui seront emballés et s’en iront de Marseille à Lyon sans passer en cette ville. Mais de ce qu’il pourra avoir acheté en chemin, possible nous pourrait-il montrer quelque chosette principalement des médailles où je ne voudrais avoir vu que les grecques, dont j’eusse bien cru qu’il eût dû faire meilleure provision que ce que vous me mandez » (Bibliothèque de l’Ecole de Médecine de Montpellier, Ms. II, 271, f°43 ; Tamizey de Larroque 1894, V, lettre XX, p. 544-547; Bresson 1975, p. 72, note 24).

References

  1. ^  Tamizey de Larroque, Ph. (1894), Lettres de Peiresc. V. Lettres de Peiresc à Guillemin, à Holstenius, à Menestrier, Paris.
  2. ^  Bresson, A. (1975), "Peiresc et le commerce des antiquités à Rome", Gazette des Beaux-Arts, 85, févr. 1975, pp. 61-72.