Difference between revisions of "Pierre de Carcavi - Jean-Baptiste Colbert - 1666-11-17"

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|Associated persons=Louis XIV of France; Bénigne Bruno
 
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|Grand document=-Lettre du 17 novembre 1666 (de Paris) : sur l’assassinat de l’abbé Bénigne Bruno au Louvre dans la pièce où étaient gardées les médailles ; Carcavi recommande à Colbert de transporter les médailles à la bibliothèque du roi « les médailles ayant une connexion particulières avec les livres » « J’avais écrit dès hier à Monseigneur ce qui s’est passé en conséquence des premiers ordres qu’a reçu Mr le Chancelier concernant l’assassin commis en la personne de feu Mr l’Abbé Bruno, mais Mr le Lieutenant Criminel Lessant arrive aujourd’hui sur les cinq heures, avec un nouvel ordre, et Mr le Chancelier m’ayant mandé pour lui rendre compte de ce que j’avais fait avec Mr de Perceval, j’ai attendu que la procédure ait été achevée, du moins en ce qui regarde le cabinet des médailles, pour lui en marquer toutes les circonstances. Hier au matin, Mr de Perceval, qui revint exrpès de sa maison des champs, eut commandement de Mr le Chancelier d’aller au Louvre faire toute la procédure. Il y travailla en ma présence avec beaucoup de soin et d’exactitude depuis huit heures du matin jusqu’à quatre heures de ( ?) et pendant ce temps dressa le procès-verbal de l’état de la galerie, ou cabinet, où sont les médailles, ouï des témoins, fit visiter le corps de M. Bruno par des chirurgiens, le fit passer dans une petite maison qu’il occupait pendant sa vie dans la rue Fromenseau, fit laver la place de la galerie qui était pleine de sang, et ayant apposé le scellé aux portes, m’en remit les clés entre les mains, après quoi je me retirai, n’étant plus nécessaire au reste de la procédure qui fut continuée avec la même diligence, car à six heures du soir M. Bruno était déjà enterré. Le corps du voleur avait été posé au Fort L’Evêque, on lui avait créé un (enraseur), et l’on avait ouï d’autres témoins, mais M. le Lieutenant Criminel en assessa le coût, et ayant passé pour cela un nouvel ordre d M. le Chancelier, M. Perceval y obéit comme il devait, quoi qu’il m’ai fait voir ce matin un ordre du roi de 1649 en la cause de Dumoustier qui décéda dans les galeries du Louvre, et un arrêt contradictoire du Lieutenant de l’année 1650 en la cause de M. Voüet, par lequel la justice de l’enclos du Louvre est adjugée au Grand ( ?) et à ses lieutenants dont il y en a toujours un qui demeure à Paris avec défense à Messierus du Châtelet d’en prendre auucune connaissance. / […] Il continue présentement à ouïr d’autres témoins, et à s’informer de la personne du désepéré qui a commis un crime si énorme ; tout ce que j’en ai ouï dire me fait croire que c’est un furieux qui ne cherchait qu’à voler et tuer quelqu’un. Il était tapissier, et ayant peut-être travaillé dans le Louvre sous quelque maître, cela a pu lui en apprendre particulièrement les êtres, l’on ne voit pas qu’il ait rien pris dans le cabinet, et il ne s’est trouvé saisi d’aucune chose, mais il m’a semblé qu’il était mieux de faire apposer le scellé pour travailler en après à l’inventaire avec plus de loisir et de sûreté, sur le sujet duquel, et de ce que M. Perrault a donné en charge de me dire de la part de Monseigneur que le Roi avait joint ce cabinet à la charge de M. de Lusson. Il me permettra s’il lui plaît de lui représenter qu’il n’est point du tout bien au lieu où il est, tant à cause de la facilité qu’il y a d’y entrer par le moyen de la corniche, que parce que les médailles ayant une connexion particulière avec les livres n’en doivent point être séparées, et il y a bien de raisons qui m’ont fait juger il y a longtemps que cette union était nécessaire. Il plaira à Monseigneur m’envoyer les ordres pour le faire transporter au plus tôt dans la nouvelle Bibliothèque, et me commettre avec M. Le Cointre pour vérifier l’inventaire qui a été fait, et achever celui qui reste à faire, n’y ayant eu que l’antique d’inventorié à cause de la maladie de M. Bruno qui l’a empêché de faire un inventaire du moderne que j'y ay porté. Je propose cet expédient à Monseigneur comme le plus prompt pour avoir bientôt fini ce travail, M. Le Fouyn à qui j’en ai parlé m’ayant dit qu’on en a usé de même pour les meubles de feu son Eminence. » (Paris, BnF, Mss. Lat. 17172, f° 48r et v ; Sarmant 1994, p. 33, note 33 et 2003, p. 53, note 10).
 
|Grand document=-Lettre du 17 novembre 1666 (de Paris) : sur l’assassinat de l’abbé Bénigne Bruno au Louvre dans la pièce où étaient gardées les médailles ; Carcavi recommande à Colbert de transporter les médailles à la bibliothèque du roi « les médailles ayant une connexion particulières avec les livres » « J’avais écrit dès hier à Monseigneur ce qui s’est passé en conséquence des premiers ordres qu’a reçu Mr le Chancelier concernant l’assassin commis en la personne de feu Mr l’Abbé Bruno, mais Mr le Lieutenant Criminel Lessant arrive aujourd’hui sur les cinq heures, avec un nouvel ordre, et Mr le Chancelier m’ayant mandé pour lui rendre compte de ce que j’avais fait avec Mr de Perceval, j’ai attendu que la procédure ait été achevée, du moins en ce qui regarde le cabinet des médailles, pour lui en marquer toutes les circonstances. Hier au matin, Mr de Perceval, qui revint exrpès de sa maison des champs, eut commandement de Mr le Chancelier d’aller au Louvre faire toute la procédure. Il y travailla en ma présence avec beaucoup de soin et d’exactitude depuis huit heures du matin jusqu’à quatre heures de ( ?) et pendant ce temps dressa le procès-verbal de l’état de la galerie, ou cabinet, où sont les médailles, ouï des témoins, fit visiter le corps de M. Bruno par des chirurgiens, le fit passer dans une petite maison qu’il occupait pendant sa vie dans la rue Fromenseau, fit laver la place de la galerie qui était pleine de sang, et ayant apposé le scellé aux portes, m’en remit les clés entre les mains, après quoi je me retirai, n’étant plus nécessaire au reste de la procédure qui fut continuée avec la même diligence, car à six heures du soir M. Bruno était déjà enterré. Le corps du voleur avait été posé au Fort L’Evêque, on lui avait créé un (enraseur), et l’on avait ouï d’autres témoins, mais M. le Lieutenant Criminel en assessa le coût, et ayant passé pour cela un nouvel ordre d M. le Chancelier, M. Perceval y obéit comme il devait, quoi qu’il m’ai fait voir ce matin un ordre du roi de 1649 en la cause de Dumoustier qui décéda dans les galeries du Louvre, et un arrêt contradictoire du Lieutenant de l’année 1650 en la cause de M. Voüet, par lequel la justice de l’enclos du Louvre est adjugée au Grand ( ?) et à ses lieutenants dont il y en a toujours un qui demeure à Paris avec défense à Messierus du Châtelet d’en prendre auucune connaissance. / […] Il continue présentement à ouïr d’autres témoins, et à s’informer de la personne du désepéré qui a commis un crime si énorme ; tout ce que j’en ai ouï dire me fait croire que c’est un furieux qui ne cherchait qu’à voler et tuer quelqu’un. Il était tapissier, et ayant peut-être travaillé dans le Louvre sous quelque maître, cela a pu lui en apprendre particulièrement les êtres, l’on ne voit pas qu’il ait rien pris dans le cabinet, et il ne s’est trouvé saisi d’aucune chose, mais il m’a semblé qu’il était mieux de faire apposer le scellé pour travailler en après à l’inventaire avec plus de loisir et de sûreté, sur le sujet duquel, et de ce que M. Perrault a donné en charge de me dire de la part de Monseigneur que le Roi avait joint ce cabinet à la charge de M. de Lusson. Il me permettra s’il lui plaît de lui représenter qu’il n’est point du tout bien au lieu où il est, tant à cause de la facilité qu’il y a d’y entrer par le moyen de la corniche, que parce que les médailles ayant une connexion particulière avec les livres n’en doivent point être séparées, et il y a bien de raisons qui m’ont fait juger il y a longtemps que cette union était nécessaire. Il plaira à Monseigneur m’envoyer les ordres pour le faire transporter au plus tôt dans la nouvelle Bibliothèque, et me commettre avec M. Le Cointre pour vérifier l’inventaire qui a été fait, et achever celui qui reste à faire, n’y ayant eu que l’antique d’inventorié à cause de la maladie de M. Bruno qui l’a empêché de faire un inventaire du moderne que j'y ay porté. Je propose cet expédient à Monseigneur comme le plus prompt pour avoir bientôt fini ce travail, M. Le Fouyn à qui j’en ai parlé m’ayant dit qu’on en a usé de même pour les meubles de feu son Eminence. » (Paris, BnF, Mss. Lat. 17172, f° 48r et v ; Sarmant 1994, p. 33, note 33 et 2003, p. 53, note 10).
 
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Latest revision as of 06:29, 19 September 2019


Pierre de Carcavi - Jean-Baptiste Colbert - 1666-11-17
FINA IDUnique ID of the page  2291
InstitutionName of Institution. Paris, Bibliothèque nationale de France
InventoryInventory number. Mss. Lat. 17172, f° 48
AuthorAuthor of the document. Pierre de Carcavi
RecipientRecipient of the correspondence. Jean-Baptiste Colbert
Correspondence dateDate when the correspondence was written: day - month - year . November 17, 1666
PlacePlace of publication of the book, composition of the document or institution. Paris 48° 51' 23.80" N, 2° 21' 5.40" E
Associated personsNames of Persons who are mentioned in the annotation. Louis XIV of France, Bénigne Bruno
LiteratureReference to literature. Sarmant 1994, p. 33, note 331, Sarmant 1997, 3382, Sarmant 2003, p. 53, note 103
KeywordNumismatic Keywords  theft, cabinet, murder
LanguageLanguage of the correspondence French
LinkLink to external information, e.g. Wikpedia https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b105159315/f105.image.r=17172
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Grand documentOriginal passage from the "Grand document".

-Lettre du 17 novembre 1666 (de Paris) : sur l’assassinat de l’abbé Bénigne Bruno au Louvre dans la pièce où étaient gardées les médailles ; Carcavi recommande à Colbert de transporter les médailles à la bibliothèque du roi « les médailles ayant une connexion particulières avec les livres » « J’avais écrit dès hier à Monseigneur ce qui s’est passé en conséquence des premiers ordres qu’a reçu Mr le Chancelier concernant l’assassin commis en la personne de feu Mr l’Abbé Bruno, mais Mr le Lieutenant Criminel Lessant arrive aujourd’hui sur les cinq heures, avec un nouvel ordre, et Mr le Chancelier m’ayant mandé pour lui rendre compte de ce que j’avais fait avec Mr de Perceval, j’ai attendu que la procédure ait été achevée, du moins en ce qui regarde le cabinet des médailles, pour lui en marquer toutes les circonstances. Hier au matin, Mr de Perceval, qui revint exrpès de sa maison des champs, eut commandement de Mr le Chancelier d’aller au Louvre faire toute la procédure. Il y travailla en ma présence avec beaucoup de soin et d’exactitude depuis huit heures du matin jusqu’à quatre heures de ( ?) et pendant ce temps dressa le procès-verbal de l’état de la galerie, ou cabinet, où sont les médailles, ouï des témoins, fit visiter le corps de M. Bruno par des chirurgiens, le fit passer dans une petite maison qu’il occupait pendant sa vie dans la rue Fromenseau, fit laver la place de la galerie qui était pleine de sang, et ayant apposé le scellé aux portes, m’en remit les clés entre les mains, après quoi je me retirai, n’étant plus nécessaire au reste de la procédure qui fut continuée avec la même diligence, car à six heures du soir M. Bruno était déjà enterré. Le corps du voleur avait été posé au Fort L’Evêque, on lui avait créé un (enraseur), et l’on avait ouï d’autres témoins, mais M. le Lieutenant Criminel en assessa le coût, et ayant passé pour cela un nouvel ordre d M. le Chancelier, M. Perceval y obéit comme il devait, quoi qu’il m’ai fait voir ce matin un ordre du roi de 1649 en la cause de Dumoustier qui décéda dans les galeries du Louvre, et un arrêt contradictoire du Lieutenant de l’année 1650 en la cause de M. Voüet, par lequel la justice de l’enclos du Louvre est adjugée au Grand ( ?) et à ses lieutenants dont il y en a toujours un qui demeure à Paris avec défense à Messierus du Châtelet d’en prendre auucune connaissance. / […] Il continue présentement à ouïr d’autres témoins, et à s’informer de la personne du désepéré qui a commis un crime si énorme ; tout ce que j’en ai ouï dire me fait croire que c’est un furieux qui ne cherchait qu’à voler et tuer quelqu’un. Il était tapissier, et ayant peut-être travaillé dans le Louvre sous quelque maître, cela a pu lui en apprendre particulièrement les êtres, l’on ne voit pas qu’il ait rien pris dans le cabinet, et il ne s’est trouvé saisi d’aucune chose, mais il m’a semblé qu’il était mieux de faire apposer le scellé pour travailler en après à l’inventaire avec plus de loisir et de sûreté, sur le sujet duquel, et de ce que M. Perrault a donné en charge de me dire de la part de Monseigneur que le Roi avait joint ce cabinet à la charge de M. de Lusson. Il me permettra s’il lui plaît de lui représenter qu’il n’est point du tout bien au lieu où il est, tant à cause de la facilité qu’il y a d’y entrer par le moyen de la corniche, que parce que les médailles ayant une connexion particulière avec les livres n’en doivent point être séparées, et il y a bien de raisons qui m’ont fait juger il y a longtemps que cette union était nécessaire. Il plaira à Monseigneur m’envoyer les ordres pour le faire transporter au plus tôt dans la nouvelle Bibliothèque, et me commettre avec M. Le Cointre pour vérifier l’inventaire qui a été fait, et achever celui qui reste à faire, n’y ayant eu que l’antique d’inventorié à cause de la maladie de M. Bruno qui l’a empêché de faire un inventaire du moderne que j'y ay porté. Je propose cet expédient à Monseigneur comme le plus prompt pour avoir bientôt fini ce travail, M. Le Fouyn à qui j’en ai parlé m’ayant dit qu’on en a usé de même pour les meubles de feu son Eminence. » (Paris, BnF, Mss. Lat. 17172, f° 48r et v ; Sarmant 1994, p. 33, note 33 et 2003, p. 53, note 10).

Bibliothèque nationale de France

References

  1. ^  Sarmant, T. (1994), Le Cabinet des médailles de la Bibliothèque nationale (1661-1848), Paris.
  2. ^  Sarmant, Thierry (1997), "Colbert et la 'République des médailles'", Revue Numismatique, 6/152, p. 333-358.
  3. ^  Sarmant, Th. (2003), La République des médailles. Numismates et collections numismatiques à Paris du Grand Siècle au Siècle des Lumières, Paris.